Publié le 16 juin 2021
YOHANN  NDOYE  BROUARD

YOHANN NDOYE BROUARD

UN DAUPHIN À TOKYO

Natation

Vingt ans après ses premiers pas dans l’eau, Yohann Ndoye Brouard fera son entrée dans le grand bain des Jeux Olympiques en août prochain. Un rêve qui se réalise pour le nageur des Dauphins d’Annecy, qualifié sur les épreuves du 200 mètres et du 100 mètres dos.

Quand on grandit aux abords du Lac d’Annecy et que l’on est le fils d’une entraîneuse de natation, difficile de ne pas se mouiller ! Dans l’eau depuis son plus jeune âge, Yohann Ndoye Brouard a vite trouvé sa vocation. Des bébés nageurs aux JO, Yohann a fait du chemin, mais toujours sous les couleurs du club des Dauphins d’Annecy ! Il fait aujourd’hui évidemment la fierté de la directrice technique et entraîneuse du club, Vanessa Brouard, accessoirement sa maman ! Les Jeux olympiques, c’est l’objectif d’une carrière, et à seulement 20 ans, le nageur annécien ne cache pas son bonheur de faire part de cette grande aventure dans sa spécialité du dos en 100 et 200 mètres.

Quand as-tu su que tu voulais devenir nageur professionnel ?

J’ai appris à nager à l’âge de 2-3 ans, j’ai fait mes premières compétitions à 6-7 ans, je suis rentré au collège avec des horaires aménagés pour pourvoir m’entraîner au mieux pour la compétition, mais c’est vraiment en arrivant à l’INSEP ( l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) que je me suis mis dans la peau d’un nageur de haut niveau. Ici, on côtoie les plus grands athlètes français, les meilleurs sportifs sont ici, donc forcément ça donne envie de suivre leur trace… Il y a très peu de personnes qui peuvent vivre de la natation, ça reste un sport amateur, je poursuis des études de kiné en parallèle des compétitions, mais je me donne à fond pour briller à haut niveau.

C’EST VRAIMENT CETTE SENSATION DE GLISSE QUE J’AIME PAR-DESSUS TOUT, CETTE SENSATION UNIQUE D’ÊTRE PORTÉ PAR L’EAU…

Que représentent les Jeux Olympique pour un nageur ?

C’est la meilleure compétition où l’on puisse se qualifier ! C’est le Graal en natation, tout simplement ! Faire une médaille aux jeux, c’est l’objectif numéro 1.

Qu’est-ce que l’on ressent quand on se qualifie pour ce grand rendez-vous ?

Je me suis qualifié en mars dernier lors de la première vague de qualification au meeting de Marseille. Ça n’a pas été une qualification évidente... Le jour des qualifications, seulement un nageur pouvait décrocher le précieux sésame, mais on était deux nageurs à avoir fait le temps... J’ai fait le temps le matin et juste après, dans la série suivante, un autre nageur a battu mon temps. J’ai donc d’abord été qualifié que pendant une seule minute... Ça a été un gros ascenseur émotionnel ! Je suis passé de l’extase à la déception en une minute avant de le rebattre et de me qualifier pour de bon. Ça a été une journée folle en émotions, si bien qu’à la fin, je n’arrivais pas à réaliser, je me demandais si je n’étais pas en plein rêve ! J’ai vraiment réalisé le lendemain quand je me suis qualifié aussi sur le 200 mètres dos.

Tu représenteras donc la France à Tokyo sur les épreuves de 100 mètres et 200 mètres dos, quelles sensations te procure cette discipline ?

De base, je ne faisais pas du dos, je faisais du papillon, mais c’est venu assez naturellement, c’est la course où j’étais le meilleur et je me suis démarqué dans cette discipline. En dos, on ne va pas très vite et pourtant, c’est vraiment des sensations de vitesse et de glisse. Le nageur qui va le plus vite au monde doit faire du 6 km/h dans l’eau, c’est ridicule et pourtant, tu as l’impression d’aller à des vitesses folles. C’est vraiment cette sensation de glisse que j’aime pardessus tout, cette sensation unique d’être porté par l’eau...

ON NE PEUT PAS ÊTRE À FOND NON-STOP, IL FAUT OBLIGATOIREMENT DES PÉRIODES DE REPOS ET CES PÉRIODES D’AFFÛTAGE

Quel est le programme à quelques semaines du début des jeux ?

Je prépare cette compétition depuis que je suis rentrée à l’INSEP il y a trois ans, les dernières semaines vont être consacrées au repos ! Mais avant ça, il y a encore quelques cycles de travail. On a beaucoup nagé, plus on va s’approcher de la compétition, plus on va ralentir le rythme de nage et le temps dans l’eau pour passer en période d’affûtage. Une période où l’on va faire beaucoup plus attention : plus attention à ce que l’on mange pour ne pas prendre du poids et faire attention à ne pas se blesser, ça aussi c’est important, on ne prendre aucun risque. En natation, on ne peut pas être à fond non-stop, il faut obligatoirement des périodes de repos et ces périodes d’affûtage. On ne prépare pas toutes les compétions de la même manière et forcément cette année toute la saison est organisée autour du rendez-vous olympique... On doit aussi relâcher un peu sur d’autres compétitions. Il y a eu une médaille de bronze à l’Euro, ma première médaille sur mes premiers championnats d’Europe, je suis super content, je remets aussi mon titre en jeu sur 50 mètres dos au championnat de France et je vais aller chercher le titre de champion de France sur le 100 et le 200 mètres dos. Il y a du challenge, bien-sûr, mais on reste dans l’objectif JO.

Est-ce que tu as déjà en tête Paris 2024 ?

Complètement ! J’envisage Tokyo comme une étape jusqu’à Paris ; pour faire un podium en 2024. L’objectif c’est de prendre un maximum d’expérience pour ne pas être dépassé par les émotions aux Jeux olympique de Paris. Donc rendez-vous à Tokyo cet été puis à Paris 2024 !

Interview Mathilde Boulesteix

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