Publié le 15 décembre 2017
PROTECT OUR WINTERS
Crédit photo : © Thibault Liebenguth

PROTECT OUR WINTERS

L'ASSOCIATION DE THIBAULT LIEBENGUTH
LABO
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Environnement, Interview

Le réchauffement climatique touche particulièrement nos montagnes et surtout notre précieuse neige, ce fragile élément sur lequel nous aimons glisser. L’association Protect Our Winter, créée par le snowboarder américain Jeremy Jones, veut sauver les flocons. Nous avons rencontré le président de Protect Our Winter France, Thibault Liebenguth.

Rappelle-nous l’histoire de la création de l’association ?

Elle est partie d’un constat de Jeremy Jones qui, après avoir ridé toute sa carrière grâce à un hélico, a remarqué qu’il y avait de moins en moins de neige. Il a décidé d’agir. Notre mission : rassembler la communauté de la montagne derrière la lutte contre le changement climatique, sensibiliser les gens tout en restant positif (nous ne sommes pas être contre tout) et constructif, en mettant en avant les bonnes pratiques, par l’éducation (sous forme de conférences) et en agissant pour accompagner les marques et les stations de ski. Nous avons trois domaines d’action : sensibiliser/inspirer, éduquer et agir. Je suis le président de l’association en France, crée il y a 2 ans et je travaille dans ce domaine de l’outdoor et de l’environnement.

Comment agissez-vous ? 

Nous avons signé un partenariat avec les Menuires pour les accompagner dans leur projet ambitieux de lever un fonds de dotation pour agir pour l’environnement, au niveau des transports, de la gestion de l’énergie… et tous les sujets environnementaux qui peuvent toucher une station de ski. Notre modèle est la station américaine d’Aspen, qui travaille d’ailleurs avec POW aux Etats-Unis. Les Menuires veulent devenir le Aspen français ! Nous proposons des conférences dans des écoles, dans des centres de formation sportifs… Le but est d’amener un athlète à raconter sa passion et pourquoi c’est important de défendre son terrain de jeu. En clair : amener l’environnement dans le discours d’un athlète.

On a aussi travaillé avec Picture dans leur film Gora par exemple et nous venons de sortir notre premier film autoproduit « Climate Line - Vue de l’Etendard » sur le festival des Rencontres Montagne et Sciences à Grenoble.

Par ailleurs, une vingtaine d’athlètes, alpinistes, skieurs sont nos représentants et porte-paroles.

Alors, comment protéger la neige ? 

On travaille avec des scientifiques et le constat est clair : la température monte, et deux fois plus vite dans les Alpes. Il y a moins de précipitations, moins de neige, les glaciers fondent moins, il y a moins de réserves d’eau, tout est impacté. Le côté visible, c’est la neige, mais le jour où on ne pourra plus skier en hiver, il y aura d’autres problèmes bien plus importants… on sera vraiment dans la mouise ! On ne se bat pas seulement pour le manteau neigeux mais pour tous les impacts graves qui sont liés. Quand on parle d’actions sur le changements climatique, ça passe par les transports, la nourriture, l’énergie, alors nous proposons des actions pratiques pour que chacun puisse agir sur le climat : s’engager au niveau politique (aspect très important aux US), s’éduquer pour comprendre les effets du réchauffement climatique, en parler autour de soi pour faire grandir la communauté, consommer de façon responsable (questionner les marques, demander d’où viennent les produits ? Comment ils sont fabriqués ?), acheter en fonction du ratio performance/impact environnemental…

Le constat est clair : la température monte et deux fois plus vite dans les Alpes.

Le ski est pourtant une activité polluante à tous les niveaux ? 

On ne veut pas se positionner contre ce qui nous fait vivre ! Personnellement, le ski est une passion, je ne veux pas l’arrêter ! Notre positionnement est de trouver une façon de pratiquer tout en limitant l’impact… et il y a des solutions : duvet certifiés, textiles recyclés, matériaux biodégradables, skis fait à partir de matériaux avec un minimum de plastique ou sans résine. Ca se démocratise… même si ça reste anecdotique. Pourtant, à des échelles industrielles, on note l’utilisation de résines bio-sourcées, Burton en utilise une à base de déchets de production de maïs et d’un petit peu de pétrole. La finalité, c’est que notre communauté soit assez puissante pour que nous puissions aller voir des élus nationaux ou locaux. 

Vous avez été remarqués lors du High Five Festival, en prenant position contre le big air en centre-ville d’Annecy?

On voulait prendre la parole sur cet évènement, par ailleurs incroyable : produire de la neige par 25°C au mois d’octobre, ça nous parait déconnant. C’est un évènement qui rassemble la communauté, certes, qui booste l’industrie, on en est conscient, mais on trouve dommage de proposer un big air dans ces conditions, il faudrait l’organiser en pleine hiver. Nous regrettons surtout l’image envoyée au public : considérer qu’il est normal de produire de la neige à cette température-là. L’impact climatique est très réduit, c’est vrai, mais c’est un problème d’image.

 

Interview : Guillaume Desmurs

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