Publié le 30 juin 2026
Les Photographies de Max Draeger, de l'ombre à la lumière, photo de sport outdoor
Crédit photo : Max Draeger
Portfolio

Les Photographies de Max Draeger, de l'ombre à la lumière, photo de sport outdoor

La photographie est mon principal exutoire créatif
VTT CYCLISME, ESCALADE ALPINISME, SPORTS D'HIVER, IMAGES
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Escalade, VTT, Ski, Photographie

Depuis quelques années, le travail du photographe d'Innsbruck se distingue par son minimalisme, ses compositions monochromes et une vision de l'image fondée sur un perpétuel jeu d'ombres et de lumières. D'une vocation, il a fait un métier, avec une touche artistique immédiatement reconnaissable. Et parce que sans une vraie connexion, il n'y a pas de vraie photo, Max entretient avec ses sujets et son environnement un lien étroit qu'il place au cœur de son œuvre.

la photographie est mon principal exutoire créatif

Crédit photo : Max Draeger

L’ÉVIDENCE

Comment la photographie est-elle arrivée à toi ? Quel était le point de départ ?

J'ai commencé à prendre mes toutes premières photos quand j'étais enfant, car mon père pratiquait la photographie comme passe-temps. Au début, je faisais beaucoup de photos de paysages et de nature, mais lorsque je me suis découvert une passion pour les sports de montagne à la fin de mon adolescence, j'ai également commencé à emporter mon appareil photo à chaque sortie en montagne. À partir de là, tout s'est enchaîné naturellement et je me suis vraiment pris de passion pour l'art de capturer mes moments en plein air. À l'époque, je n'aurais jamais imaginé qu'un jour, je ferais de cette passion mon métier.

Aussi, quel est ta relation avec la nature, plus particulièrement l’environnement montagnard ? Tu es spécialisé en photographie outdoor, c’était un choix évident du coup ?

Je n'ai pas grandi dans une famille particulièrement sportive ou passionnée de plein air. Mais pour une raison que j'ignore, j'ai toujours été fasciné par la montagne et par ceux qui y consacrent leur vie. Surtout l'escalade. C'est ainsi que, enfant, je me suis mis à l'escalade, ce qui m'a ouvert de nombreuses portes. La photographie est une discipline que j’ai découverte par moi-même à peu près à la même époque. Aujourd’hui, toute ma vie s’articule autour du ski, du VTT et de l’alpinisme, et la photographie est mon principal exutoire créatif. C’est quelque chose que je dois faire, c’est presque comme si c’était elle qui m’avait choisi. C’est difficile à décrire. Je suppose que j’ai simplement trouvé ma passion et ma vocation.

Parle-nous d’un de tes shooting favoris. Et pendant qu’on y est, quel est endroit favori pour photographier ?

Les clichés qui me marquent le plus sont ceux dont je sais, avant même de les prendre, qu’ils sont exceptionnels. Pour moi, cela tient souvent à la véritable connexion que j’établis avec les personnes avec lesquelles je travaille. Si tout s’aligne : le lieu, le moment, les conditions, tu vois…

Je n'ai pas d'endroit préféré, mais je suis accro à l'hiver et aux montagnes enneigées. La façon dont la neige transforme le paysage, les formes, la lumière. L'hiver est très spécial pour moi !

Je préfère garder les choses simples et épurées

Crédit photo : Max Draeger

RÉDUIRE LE CHAOS

La retouche est une grosse part de ton art. Comment trouves-tu cette esthétique reconnaissable ? Celle qui fait directement dire : Ça c’est une photo de Max Draeger !

Je suppose que la retouche fait partie du processus, mais je n’invente rien au moment de l’editing. Tout cela existe déjà dans la réalité, je ne fais que le mettre en valeur.

Une photo « à la Max Draeger » est minimaliste, contrastée et monochrome. Elle n’a pas besoin d’être en noir et blanc, mais je suis très attentif aux couleurs. Je préfère garder les choses simples et épurées. Je suppose que c’est simplement ainsi que fonctionne mon cerveau : je suis toujours à la recherche de cadrages où je peux réduire le « chaos » naturel en une esthétique épurée. Idéalement, un cadrage est magnifique même sans action…

C’est quoi ton secret de retouche sur Lightroom ?

Il n'y a pas de secret. Il s'agit simplement d'ajuster légèrement les tons et de mettre en valeur ce qui est déjà présent dans l'image. 

CE QUI PRÉCÈDE L’IMAGE

Comment construis-tu la relation avec tes sujets pour créer les images que tu as en tête ?

L'essentiel, c'est la confiance. J'ai beaucoup de chance de travailler avec de nombreux amis et athlètes que je connais depuis des années, et nous pouvons tous compter les uns sur les autres. Je pense que c'est la base. Surtout quand on travaille dans des environnements à haut risque, les choses peuvent vite dégénérer et je veux que mon équipe fasse confiance à tout le monde à 100 %. Ça demande beaucoup de communication et d'efforts pour aligner ma vision sur celle des athlètes. Toutes les figures qui ont l'air bien à l'image ne sont pas forcément agréables à réaliser pour le rider, et toutes les figures qui sont géniales à faire ne donnent pas forcément de belles images. C'est un exercice d'équilibre – dans l'idéal, ça marche pour les deux !

Au delà du procédé, la photographie outdoor implique beaucoup de logistique simplement pour arriver sur un lieu. À quoi ça ressemble chez toi ?

Tout dépend vraiment de l’objectif ou du projet. En général, j’essaie d’emporter le moins de matériel et d’avoir l’équipe la plus réduite possible, mais sans lésiner sur l’essentiel. C’est formidable de voir une petite équipe soudée et très compétente travailler main dans la main, et d’en faire partie. Le choix de l’équipe est donc une question à laquelle j’accorde une grande importance. L’autre aspect, c’est la lumière. Je suis très pointilleux sur la façon dont je veux que mon sujet soit éclairé et je passe donc beaucoup de temps à essayer de nous installer de la meilleure façon possible, en étant au bon endroit au bon moment. Souvent, on se fait avoir par la météo ou par un imprévu… mais ça fait partie du jeu. Il faut élaborer un excellent plan, mais être prêt à tout chambouler et à laisser de la place pour s’adapter au fil des événements. 

Idéalement, un cadrage est magnifique même sans action…

Crédit photo : Max Draeger

Qu’est-ce que tu préfères ? Et le moins ?

En matière de photographie, il n’y a vraiment rien qui me dérange, si ce n’est certains aspects commerciaux. Ce que j’apprécie le plus, c’est la profonde satisfaction que procure une journée de prise de vue réussie, passée avec des gens formidables dans un cadre exceptionnel. Travailler main dans la main, chacun donnant le meilleur de soi-même, et être récompensé par d’excellents résultats est très gratifiant.

Parle-nous de ton matériel : boitier, objectifs. Tu utilises des accessoires comme des filtres, un flash ?

Je travaille généralement avec un Canon R5 Mark 2. Pour ce qui est des objectifs, ça dépend beaucoup, mais j’adore le bon vieux 70-200 mm pour presque toutes les missions. Les téléobjectifs sont parfaits pour isoler des détails dans un environnement. Le Fuji X100 fait aussi partie de mes outils préférés, que j’emporte avec moi à presque chaque mission. Il est maniable et simple d’utilisation : idéal pour capturer les émotions et l’ambiance.

Des flashs ? Oui, parfois. Mais je préfère m'en tenir à la lumière naturelle.

Mais pour moi, l’outil le plus sous-estimé pour la photographie de ski c’est la bonne vieille radio !

le plus sous-estimé pour la photographie de ski c’est la bonne vieille radio !

Crédit photo : Max Draeger

L’OMBRE EST UNE COULEUR

Comment travailles-tu les ombres et les noirs dans tes images ?

Je travaille beaucoup avec ! J'aime qu'il y ait peu de lumière dans le cadre et que l'ambiance reste sombre et mélancolique.

En tant que photographe de plein air, on doit composer avec la nature, parfois imprévisible, parfois peu coopérative. Comment t'adaptes-tu ? 

Je n'ai pas le choix. Il faut essayer d’improviser, savoir quand faire demi-tour et être sûr que la montagne sera toujours là le lendemain, la semaine suivante ou l’année prochaine. C’est quelque chose que j’ai particulièrement appris en skiant. 

Mais très souvent, les « pires » conditions donnent lieu aux meilleures histoires. En matière de photographie, la seule chose qui me pose vraiment problème, c’est la lumière crue de midi ; pour le reste, tout fonctionne d’une manière ou d’une autre haha.

Peux-tu me parler du choix d’avoir des compositions principalement monochromatiques et minimalistes ? Ça a toujours été ton style ou ça a évolué à travers le temps ?

Ce fut un processus très lent qui s'est développé au fil du temps. La nature est belle mais chaotique, et je pense que mon travail consiste à essayer de transformer ce chaos en quelque chose de pur et de simple. Pas toujours, mais souvent. 

très souvent, les « pires » conditions donnent lieu aux meilleures histoires

Crédit photo : Max Draeger

CE QUI RESTE

Derrière chaque shooting, il y a ta propre histoire : Ce que tu vis, ce que tu ressens. Tu as déjà pris ce recul et réalisé à quel point ton style de vie est riche et unique ?

Soyons honnêtes, la vie d’un photographe est bien moins glamour qu’elle ne peut paraître vue de l’extérieur. On ne passe pas 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dans les plus beaux paysages à prendre des photos. Mais oui, je me sens incroyablement chanceux d’avoir la vie que je mène, de pouvoir voyager dans tous ces endroits et de travailler avec les personnes que je côtoie. Il y a beaucoup de moments où je me dis : « Pince-moi ! ». 

Comment aimerais-tu inspirer les autres artistes ? À travers tes compositions, les formes, ton approche de la lumière ou même ton style de vie ?

J'espère pouvoir inciter les autres à faire l'effort de trouver leur passion, ce qui leur tient vraiment à cœur. C'est tellement enrichissant de trouver sa vocation. Quoi que vous fassiez, donnez-vous à 100 %. 

Le jeune Max est-il fier de lui ? Ou c’est toujours en processus ?

Ohhhh non, je suis mon plus grand critique. J'ai du mal à être pleinement satisfait de mon travail. Mais j'arrive de mieux en mieux à prendre un peu de recul de temps en temps et à me féliciter pour ce que j'ai accompli. Il y a toujours quelque chose à améliorer, quelque chose à apprendre, et c'est aussi ce qui fait tout le charme de la chose. 

Merci beaucoup pour ces superbes questions ! Ça m'a fait plaisir de prendre le temps d'y réfléchir !  

mon travail consiste à essayer de transformer ce chaos en quelque chose de pur et de simple

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