Publié le 20 septembre 2021
Le Mental de miel et d'acier

Le Mental de miel et d'acier

10 conseils pour se préparer à performer, en se faisant plaisir

Préparation physique, Reportage

Le cerveau est le muscle le plus puissant du corps. Oui, les bras permettent de soulever des poids. Et les jambes de courir les montagnes. Mais seul le cerveau peut soulever des montagnes. Pourtant, rares sont les passionnés qui l’entrainent, l’amènent à la salle de sport pousser de la fonte ou sur la piste d’athlétisme pour faire du fractionné. Anne Fourié n’est pas spécialisée en astronomie, en revanche, elle sait aligner les planètes des sportifs, professionnels ou amateurs, qui la sollicitent. Préparatrice mentale, elle nous livre ici 10 conseils pour mettre le bonheur au service de la performance et ainsi exploiter la totalité de votre potentiel le Jour J. Le mental conçu d’un peu de miel, pour le plaisir, et de beaucoup d’acier, pour la détermination.

On a tendance à faire la confusion entre plaisir et bonheur, ce qui amène parfois à une mauvaise appréhension du Jour J. En effet, le plaisir renvoie à un instant très court, à l’origine d’un bien-être certes intense mais fugace. Le bonheur s’exprime lui à moyen-terme, de façon plus pérenne, s’imbriquant avec le développement de soi. Rechercher en permanence le plaisir est donc un combat perdu d’avance revenant à se shooter à longueur de journée à la dopamine. Ce qui n’est évidemment pas viable ! Non, le mieux est de considérer le plaisir comme une pluralité de points de passage assez réguliers, que l’on génère à des moments précis de l’épreuve, qu’il s’agirait ensuite de rallier entre eux par une courbe. La ligne réunissant tous ces points de passage s’appelle le flow ! Ce flow émerge naturellement lorsque le sportif aligne ce qu’il est capable de faire avec ce qu’il a envie de faire. Lorsqu’il y a une alchimie totale entre la motivation et les capacités. Il s’agit d’un état d’équilibre assez puissant durant lequel on a la sensation d’être au bon endroit, au bon moment ! En somme, un truc sympa que la préparation mentale va aider à atteindre (sourire)…

La motivation intrinsèque est au corps ce que l’essence est à la voiture : un carburant ! Sans elle, difficile d’avancer ! Pour la trouver, il faut répondre à cette question à la fois simple mais complexe : « Pourquoi je le fais ? »… Et idéalement, pour que cette raison constitue un levier efficace, il faut qu’elle prenne sa source au plus profond de soi-même, en son for intérieur. Car dans le cas contraire, on tombe dans la motivation dite extrinsèque, celle qui nait dans la récompense pure et le regard des autres : c’est-à-dire courir pour un résultat ou pour se façonner une image. En ce qui concerne les sports de montagne – comme la randonnée, le trail ou le vélo – la motivation intrinsèque peut puiser dans le désir d’accéder à un plus grand nombre de paysages privilégiés ; dans l’acquisition d’apprentissages que le passionné va ensuite pouvoir retranscrire dans la vie de tous les jours ; dans la volonté de se dépasser pour recruter de nouveaux atomes de confiance en soi ; de partager de beaux moments avec les siens, la bière d’après-course avec les copains en guise de leitmotiv ; voire même, pour finir, d’avoir mal aux jambes tout simplement, car c’est en ayant mal aux cuisses que certains se sentent le plus vivants… Avec l’expérience, j’ai d’ailleurs observé beaucoup plus de motivation intrinsèque chez les amateurs que chez les sportifs professionnels, parfois encloisonnés dans un schéma de performance très sévère et prisonniers du regard des autres.

Le flow émerge naturellement lorsque le sportif aligne ce qu’il est capable de faire avec ce qu’il a envie de faire

Sur les 5 sens dont l’être humain est doté, chacun en possède deux plus aiguisés que les trois autres. En fonction de votre profil, vous serez donc plus ouvert aux sons, aux odeurs, aux saveurs, aux couleurs, aux lumières, aux contacts, aux sensations… Pour en faire des alliés, il est nécessaire de les conscientiser puis de les travailler. En amont, pour identifier ses canaux de prédilection, il suffit de s’asseoir dans un endroit calme et prendre le temps de se remémorer un moment agréable. Ce qui vient spontanément donne des indications. Une image ? Vous êtes visuel. Un son ? Vous êtes auditif. Une sensation physique ? Vous êtes kinesthésique. Une odeur ? Vous êtes olfactif. Un gout ? Vous êtes gustatif. Le jour J, montez le curseur sur vos canaux privilégiés, décuplez vos sens, montrez-vous encore plus réceptif à ces sensations et profitez ! Se concentrer ainsi sur ce qui vous plait le plus dans votre pratique offre un accès privilégié à l’état de flow et présente des vertus sur l’ensemble de vos constantes physiologiques : rythme cardiaque, sudation, tonus musculaire…

Le sommeil, c’est un sacerdoce auquel le sportif est relié par une sorte de ‘’je t’aime moi non plus’’ parfois tortueux. Sa qualité est mécaniquement liée à l’enjeu, car ce qui empêche de dormir, c’est le cortisol, l’hormone du stress. En gros, plus tu accordes d’importance à l’évènement qui se présente, plus tu en sécrètes. Ainsi, un moyen efficace pour contrecarrer ses effets est de pratiquer la cohérence cardiaque. Un petit rituel fonctionnant sur un système « 3-6-5 » très facile à appliquer : 3 fois par jour, 6 respirations par minute, pendant 5 minutes. Sur le court terme, cela génère un véritable état d’apaisement qui permet de régulariser les émotions et donc améliorer la qualité du sommeil. Sur le moyen terme, la cohérence cardiaque a démontré de réels bénéfices sur les capacités d’apprentissage, de coordination et de concentration.

Le sommeil de veille de course, c’est un sacerdoce auquel le sportif est relié par une sorte de ‘’je t’aime moi non plus’’ parfois tortueux.

Par un phénomène que l’on appelle la loi d’attraction, ou la prophétie auto réalisatrice, il t’arrive généralement ce que tu penses qu’il va t’arriver. Au sens où le cerveau se conditionne et cherche dans son environnement tout ce qui est en phase avec ce qu’il avait prédit. Par conséquent, le Jour J, si tu anticipes que cela va être abominablement dur, forcément, tu vas porter ton attention sur l’ensemble des éléments qui vont te suggérer que, effectivement, tu es en train de vivre un moment compliqué… Une fois conscient de ce conditionnement propre au cerveau, il est possible d’en jouer à son avantage : en pensant positif. La clé est de construire sa prophétie en se projetant sur des sensations propres à la course dont on sait qu’elles vont nous faire plaisir.

Là réside une problématique majeure propre à tous les sportifs, peu importe leur niveau : qu’est-ce qu’un bon objectif et comment le définir ? La réponse est simple : un bon objectif, c’est un objectif challengeant mais atteignable, parfaitement équilibré entre ce que j’ai envie de faire et ce que je suis capable de faire. Ni trop haut, ni trop bas. Car si cet objectif se révèle trop facile, il ne génère pas assez de stimuli et laisse un goût d’inachevé. Et s’il se veut trop difficile, il prépare déjà – inconsciemment – un échec futur en protégeant l’ego de celui qui l’avait planifié : je me déresponsabilise de cette non-réussite, ce n’est pas ma faute, mais celle de l’objectif que je m’étais fixé… Ainsi, pour définir un objectif qui soit efficace, il faut bien se connaître, c’est-à-dire avoir en amont une connaissance objective de son potentiel.

Un bon objectif, c’est un objectif challengeant mais atteignable !

Une méthode assez efficiente pour installer le plaisir sur le long terme consiste à travailler ses points forts plutôt que ses points faibles. En effet, il est bien plus agréable de façonner sa progression en enrichissant ses forces plutôt qu’en corrigeant ses faiblesses. Surtout dans le cadre d’une pratique dite « loisir » ou ponctuelle. Un raisonnement valable jusqu’à ce que vous atteigniez le maximum de votre potentiel sur ces qualités qui vous sont naturelles. Le point de départ de cette démarche réside alors dans la conscience de soi, c’est-à-dire l’identification objective de vos aptitudes, celles qui vous permettront de bâtir la confiance en soi ! 

Une méthode assez efficiente pour installer le plaisir sur le long terme consiste à travailler ses points forts plutôt que ses points faibles.

Si tu veux devenir l’architecte de ta performance alors il faut en amont dessiner le plan de la routine qui va t’y amener. On rigole souvent d’un rictus affectueux de ces coureurs qui dégainent leur caleçon fétiche pour les grandes occasions, sauf qu’en réalité, cette routine peut effectivement aller jusque dans le choix des sous-vêtements… Il s’agit de mettre en place une succession d’étapes qui vont déclencher un état interne. Un schéma qui, dès lors qu’il va s’amorcer, va envoyer un message au cerveau et déclencher son conditionnement. Cette routine de performance s’échafaude avec l’expérience, au fur et à mesure des compétitions, en additionnant petit à petit les détails qui vous ont, selon vous, permis d’arriver dans de bonnes dispositions sur la ligne de départ. Une fois enracinés, ces rituels fonctionnent comme un programme informatique stocké par votre inconscient et qui s’active au besoin, pour fournir un terreau propice à l’état de flow le Jour J !

Si tu veux devenir l’architecte de ta performance alors il faut en amont dessiner le plan de la routine qui va t’y amener.

La manière dont on se parle a un impact insoupçonné sur ce que l’on est en train d’accomplir. Les paroles que l’on déploie intérieurement déterminent nos actes. D’ailleurs, je constate que les sportifs tiennent à leur égard des propos d’une dureté qu’ils n’oseraient avec personne d’autre. Même pas leur meilleur ami. Il faut imaginer le discours interne comme cette petite voix, disposée sur ton épaule. Soit tu écoutes le petit ange qui t’encourage et te félicite. Soit tu portes une oreilles attentive au petit démon qui souligne uniquement ce qui fût perfectible. Une solution très simple pour se nourrir uniquement des mots très motivants du premier : découper l’épreuve en segments et à chaque section, se complimenter des choses positives que l’on a su réaliser sur la portion précédente afin d’attaquer la suivante avec envie et détermination !

Le discours interne, c’est ce petit ange et ce petit démon, disposés sur ton épaule, qui te parlent pendant toute l’épreuve…

On y est sur cette ligne de départ ! Enfin ! L’aboutissement de plusieurs semaines voire plusieurs mois de préparation. Et pourtant, c’est parfois à ce moment précis que survient ce doute fondamental qui saisit de nombreux sportifs : « Qu’est-ce que je fous là ? ». Pour se prémunir de cet instant de flottement particulièrement inhibant, voici un conseil aussi simple que salvateur : d’abord, fermer les yeux et prendre de grandes inspirations ; puis, visualiser la ligne d’arrivée en s’interrogeant sur ce qui me rendra fier de moi lorsque je la franchirai. Cette visualisation possède deux vertus : acquérir la certitude que l’on va devenir finisher et conditionner son cerveau afin qu’il capte, pendant la course, tous les éléments qui vont m’amener vers cet état de fierté auquel on souhaite aboutir…

Se prémunir du fameux ‘’Qu’est-ce que je fous là ?’’ qui vous saisit sur la ligne de départ…

 

De Baptiste Chassagne

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