Publié le 15 juin 2026
Le Bélier VTT 2026 : parcours repensés, sueurs garanties !
Crédit photo : ©Luca Bodart
Reportage

Le Bélier VTT 2026 : parcours repensés, sueurs garanties !

De la randonnée au Super-Bélier, un même terrain pour trois expériences différentes.
VTT CYCLISME
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Evénement

Ce week-end, la Clusaz basculait (enfin) dans sa saison VTT. Avec le bien-connu Bélier VTT, riders affûtés, amateurs et intermédiaires se retrouvaienet sur les plus beaux parcours des Aravis, le temps de 2 jours en pleine montagne. Cette année, l’événement changeait légèrement : des parcours repensés, une progression plus lisible entre les distances et une arrivée recentrée place de l’Église. L’objectif restait identique : garder l’ADN du Bélier – sportif, accessible et convivial. Trois de nos journalistes ont testé deux parcours proposés : le Super Bélier et la Rando 30 km ! On vous raconte.

 

Crédit photo : ©Adélina Robert

Le Super Bélier

8h30, Place Perrière. Les yeux pas tout à fait ouverts, je me glisse à l'arrière du peloton. Dès le départ donné, je remonte du monde. Ce n’est pas forcément de l’égo mais surtout du placement car je sais à peu près ce qui m'attend.

 

Crédit photo : ©Luca Bodart

 

Cette année le parcours a changé. La première boucle autour de la Tête du Danay est inversée, et ça commence fort : de grosses montées d'entrée de jeu, celles qui réveillent ou qui cassent. Moi elles me réveillent ! À peine le temps de lever les yeux sur l'Aiguille de Borderan qu'on redescend déjà. Sur les pistes 4x4, ça file. Le terrain est fuyant, une déconcentration et c'est la chute. Il faut être prudent. Autour de moi tout le monde se donne, mais personne n’en fait trop en descente. On se challenge, on se pousse mais on se respecte. C’est très plaisant comme état d’esprit !

Premier ravito aux Ascets. Une pomme, un abricot, on repart. Le parcours s'enchaîne par le lac des Confins, Balmes, la Retenue du Lachat. Des passages superbes que je m'autorise à regarder même en plein effort, même en groupe de quatre à se tirer la bourre. Direction le Crêt du Loup puis le Col des Aravis. Les longues montées m'avalent, je laisse des plumes mais je gère. Il fait chaud, très chaud. L'hydratation, c'est pas optionnel. Ce que j'attends, c'est la suite : les singles en forêt, les traversées de flanc, les descentes techniques. C'est là que je peux faire la différence. Sur les pistes larges ça n’est pas possible.

 

Crédit photo : ©Luca Bodart

 

Au kilomètre 27 mes jambes m'envoient un message assez clair. Je sens les crampes pointer, je prends un gel, ça part en gestion. Ça fait des années que je me bats contre elles en course. Je les connais, je les redoute, et souvent cette peur suffit à les faire venir. Je les tiens à distance mais je sais ce qui arrive. J’avance. À l'Étale je me fais doubler parce que j’ai bien ralenti. La Croix Fry s'enchaîne. Sur le compteur les kilomètres défilent moins vite, et sur les 1500m de dénivelé prévus, il en manque encore 300. Je ne suis plus dans l'enthousiasme du départ mais dans le silence, celui entre moi et moi seul. La « pain cave » comme on appelle ça !

Je ne suis plus dans l'enthousiasme du départ mais dans le silence, celui entre moi et moi seul.

Puis vient LA montée. Une rampe en forêt à 24% qui fait très mal. Pour moi, c'est fatal. Je crampe aux deux jambes, contraint à l'arrêt. Quelques minutes, pas plus. Je remonte sur le vélo au plus vite, c'est la seule façon de les calmer.  Sorti de la forêt, c’est la montée vers Beauregard en plein soleil, la dernière avant La Clusaz. Je rale soyons honnête, parce que je vois le haut, et c'est loin ! Mais je sais aussi que c'est la dernière.

 

Crédit photo : ©Manu Molle

 

Une longue descente finale, raide et technique à travers les bois. J'envoie tout ce qu'il reste. Les bras sont à la limite, les jambes aussi, mais c'est la fin et c'est maintenant. Je rattrape du monde, quelques virages bikepark, et c'est à fond vers la ligne. 3h08. 1h après les premiers. Sans les crampes, je passais sous les 3h, dommage ! C'est comme ça. Les jambes en compote sur la place de l'église, je récupère en sachant que demain il faut recommencer.

30KM XC — À fond du début à la fin

Du sommeil et des jambes reposées plus tard, me revoilà au départ des 30km. Je sais d'avance que nous prendrons les mêmes montées au début, qu'une grande partie du parcours va ressembler à hier. Alors je vais gérer autrement. Ce format court me convient mieux, et les crampes, si elles arrivent, ce sera à la fin. Autant y aller à fond dès le départ.

Ça part encore plus vite qu'hier. Les montées s'enchaînent et passent bien mieux. On refait le tour du Danay, plus rapidement encore. Un arrêt express au premier ravito, et on bifurque sur la partie alternative du parcours, une belle clairière sous les Confins. C'est là qu’il y a une petite bascule. Je suis trop loin des concurrents devant, j’ai un peu d'avance sur ceux derrière. Je suis solo en gros. J’ai 15 kilomètres à tenir, 15 kilomètres à fond. Mon « épopée » solitaire, que je me suis amusé à appeler, commence.
 

Crédit photo : ©Adélina Robert

Mon « épopée » solitaire, que je me suis amusé à appeler, commence

Je connais le parcours maintenant, ça s'enchaîne bien. Au niveau du lac de rétention, le photographe me capte en plein effort. On dirait que je souris ? Non j’en bave !  Je profite de ce bref instant pour jeter un œil derrière moi, le premier depuis les Confins. Je suis pourchassé ! Hors de question qu'on me double. La chasse est lancée : dans les deux sens.

Devant, un concurrent que je commence à apercevoir. Derrière, un chasseur que j'entends sans le voir. Son corps de roue libre cliquète dans le silence de la forêt. Ce son-là, je l'ai en tête pour les dix kilomètres qui suivent. J'enchaîne les gros murs en pierre. Je les connais et ça fait toujours aussi mal, mais aujourd'hui c'est l'ego qui pédale. Je remonte le concurrent devant en montée, j'ai désormais une longueur d'avance sur mon poursuivant, et c'est le début de la descente.

 

Crédit photo : ©Luca Bodart

 

C'est technique, c'est piégeur, et j'utilise tout ce que j'ai. Le parcours serpente entre passages roulants étroits et racines. Je manque de m'envoyer à la faute. C’est un bon rappel, tête dans le guidon. En l'espace de quelques kilomètres, trois concurrents passent derrière moi. Mais le corps de roue libre est toujours là. Il a bien descendu lui aussi. Pas question de lever le pied ! 

On ressort de la forêt, et entamons la dernière partie dans un nuage de poussière. Devant, un autre concurrent qu’on rattrape aussi. À trois maintenant, l'arrivée en vue. Ça va se jouer au sprint je crois !  Les derniers virages, à bloc. Plus que la place à traverser. Il est dans ma roue, je le sens. On aborde la ligne lancés comme des frelons. Un dernier effort, et je reste devant ! Le kiff.

On dirait que je souris ? Non j’en bave ! 

On arrive souriant, les poumons à l'envers. On se félicite et on se raconte les passages techniques, les frayeurs, les accélérations. Un vrai moment ! C'était ça, le Bélier. Je réalise que je passe sous les 2h. Après la petite déception de la veille, c'est exactement ce qu'il fallait ! Je suis très content. Je reviendrai, c'est certain, notamment parce qu’il reste des secondes à gratter et (surtout) des crampes à régler.

 

Crédit photo : ©Adélina Robert

La Rando 30 km 

Du côté de son homonyme version randonnée, les muscles ont bien chauffé aussi !  La rando reprenait le tracé du XC 30 km sans contrainte de temps. Pour ma part, j’ai participé à l’épreuve sur un vélo musculaire. Un parti pris donc, de la tester pour la première fois en enduro, sans assistance électrique.  

1019 de D+ annoncés pour 1061 de D-, sur le papier la montée et la descente semblaient plus que mitoyennes pour nous offrir un condensé des Aravis. Avec un départ au Parking Perrière, le parcours débute d’emblée par une montée sèche et pentue sur plusieurs kilomètres, faisant vite le tri des cyclistes les plus aguerris. La marée humaine se dissipe peu à peu pour laisser place à deux groupes bien distincts : les vélos musculaires et ceux arborant une batterie. Pour ma part, je me retrouve assez vite dans les derniers groupes de cyclistes.
 

Crédit photo : ©Manu Molle

 

Une chose me saute aux yeux lors de l’aventure : la grandeur des paysages environnants. Directement, je suis immergée dans cette nature montagneuse, typique des Aravis avec des chaînes de montagnes à perte de vue. Rouler sur cette terre d’exception, au milieu de clairières ou au bord de lacs d’altitude, me fait réaliser la richesse de ce territoire qui m’était jusqu’alors inconnu.

Mais très vite, la réalité refait surface. Les montées sont exigeantes, alternant entre graviers, pierriers, chemins 4x4, champs ou sentiers parsemés de racines. Moi qui suis novice sur le Bélier, je suis poussée dans mes retranchements à chaque coup de pédale. Des tracés pour des cyclistes intermédiaires voire confirmés donc, qui ne pardonnent pas au moindre relâchement.

Directement, je suis immergée dans cette nature montagneuse

Crédit photo : ©Victor Mouchot

 

Au kilomètre 14, j’entre aperçois une foule agglutinée autour de chapiteaux. Ça y est, nous sommes arrivés au premier ravito : les Ascets ! Au menu : reblochon, citronnade faite maison, tomme et gâteaux. Une pause bien méritée qui requinque. La trêve sera de courte durée, je ne dois pas perdre le rythme que je viens (enfin) de trouver.

Une fois mon vélo ré-enfourché, vient à moi une belle descente dans les bois. Sans grande surprise, je ne fais que me régaler. La descente apparaît comme une bouffée d’air frais dans cette chaleur brûlante. Les single sont joueurs et laissent place à un pilotage décontracté. Quelques portions plus ou moins plates viennent ensuite à nous, puis, c’est reparti pour plusieurs côtes raides à flanc de montagne. Je réalise que ça fait bien longtemps que j’ai perdu de vue les électriques ! 
 

La descente apparaît comme une bouffée d’air frais dans cette chaleur brûlante

Après plusieurs côtes, quelques passages en sous-bois et une vingtaine de kilomètres parcourus, nous voilà enfin arrivés au second ravito : les Encarnes. Mais pas le temps de niaiser, il me faut rattraper les plus proches randonneurs restants, dans les derniers kilomètres de descente. Tête baissée sur le guidon, en position “tout schuss”, je grappille quelques mètres du mieux que je peux. Un, deux, trois, quatre, c’est parti, je double quelques participants. Évidemment, là n’est pas l'esprit de la rando du Bélier, mais demeure toujours en moi un certain esprit de compétition… 

La descente jusqu’au village, elle, est fluide et plus que plaisante. Nous troquons un terrain fuyant sur les graviers pour une section bikepark bien shapé sur le domaine de la station. Ici, le plaisir est à son paroxysme. Entre sauts, virages relevés et modules en bois, tout adepte de descente y trouve son compte !
 

Crédit photo : ©Louis Giannotta

 

Enfin, j’arrive au village. Face à moi une dernière montée jusqu’à l’arrivée, en face de l'église ! L'ambiance y est festive et conviviale, tous se retrouvent pour débriefer de cette randonnée riche en émotions (et courbatures). Les cuisses et les mollets souffrent mais l’esprit, lui, est satisfait de cette matinée intense. Je ressors de cette expérience avec un florilège de souvenirs et de paysages en tête, partagés entre le Danay, Balme et le Crêt du Merle. Maintenant, place à un repos bien mérité. À l’année pro le Bélier ! 

Du point de vue de mon collègue, qui a lui participé sur un VTTAE, l’expérience ne fut pas la même sur le plan physique…

“ C'était ma première randonnée, j’ai trouvé ça très cool. Partir avec tout le monde au départ, c'est motivant. Tu roules plus fort que si tu étais seul. Le fait d'être en électrique m’a quand même bien avantagé, surtout sur les portions les plus raides. Coup de cœur pour le dernier tronçon du bike park et pour le reblochon du terroir ! ”

 

Crédit photo : ©Adélina Robert

 

Texte de Louis Giannotta et Candice Tupin 

 

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