Publié le 26 octobre 2026
La Clusaz, La fabrique à legendes
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La Clusaz, La fabrique à legendes

ICI, LES CHAMPIONS LAISSENT DES TRACES
SPORTS D'HIVER
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Ski

À La Clusaz, les légendes ne sont pas seulement accrochées aux murs du Club des Sports. Elles sont encore dans les pentes, sur les panneaux, dans les discussions au départ des remontées. Et parfois, tout simplement, dans le nom d’une piste. 

L’année prochaine, le Club des Sports fêtera ses 100 ans. Depuis sa création, le Club des Sports a accompagné plusieurs générations de skieurs. Des premiers compétiteurs qui partaient à pied rejoindre les courses aux champions capables de remplir des stades, des podiums olympiques aux vidéos qui ont fait le tour du monde, l’histoire locale s’est écrite skis aux pieds.

Guy Périllat, d’abord. Le premier grand nom. Médaillé olympique dès 1960, champion du monde du combiné la même année, puis champion du monde de géant en 1966. Son nom est aujourd’hui associé au secteur de Beauregard.

Puis arrive la génération bosses. Edgar Grospiron, champion olympique en 1992 et triple champion du monde, devient l’une des figures majeures du freestyle français. Avec lui, Raphaëlle Monod, Catherine Lombard ou encore Alexis Blanc installent La Clusaz sur la carte mondiale du ski acrobatique.

Et puis il y a Candide Thovex. Un autre rapport au ski, une autre manière de regarder la montagne. Balme devient son laboratoire, les Candide Invitational y écrivent quelques-unes des pages les plus libres du freeski entre 2003 et 2008. Aujourd’hui, une piste noire porte son nom. dans le secteur où Candide a lui-même appris.

La liste continue : Régine Cavagnoud, Vincent Vittoz, Johan Clarey…

Et surtout, elle ne s’arrête pas.

La Clusaz souhaite installer progressivement de nouvelles balises explicatives pour raconter ces noms qui figurent sur le plan

LA LÉGENDE N’A PAS DIT SON DERNIER MOT

Le plus intéressant, finalement, n’est peut-être pas de regarder dans le rétro. Car derrière les noms que tout le monde connaît, une nouvelle génération pousse déjà derrière la porte. Léo Anguenot, Hugo Desgrippes, Louison Accambray, Garance et Edgar Meyer en ski alpin ; Hugo Lapalus, Jules Chappaz et Théo Schély en ski de fond ; Timothé Sivignon en freestyle… Les couleurs de La Clusaz continuent de circuler sur les grandes compétitions internationales.

Un champion inspire le suivant. Une piste devient un repère. Une vidéo devient une référence. Un ancien transmet ses réflexes à un gamin qui, quelques années plus tard, se retrouve à son tour dans les starting-blocks. Et pendant ce temps, les fondeurs continuent de tracer leur route aux Confins. Car l’histoire de La Clusaz ne se cantonne pas aux virages coupés ou aux gros sauts. Dès ses débuts, le club réunissait déjà ski alpin et disciplines nordiques. Aujourd’hui encore, le ski de fond fait partie de son ADN, avec Vincent Vittoz comme figure majeure et la nouvelle génération emmenée notamment par Hugo Lapalus ou Jules Chappaz.

Le ski change. Les générations aussi. Mais l’idée reste la même : apprendre à skier ici, puis voir jusqu’où ça peut mener.

LE CLUB EN CHIFFRES

1926 • Création du Club des Sports

11 • Champions du monde issus du club

1 • Champion olympique

2 • Vainqueurs des Winter X Games

10 • Sections sportives

25 • Coupes du monde organisées

LES PISTES LÉGENDAIRES

QUAND LES PISTES PRENNENT DES NOMS DE CHAMPIONS

À La Clusaz, il suffit parfois de lire le plan des pistes pour réviser l’histoire du ski français.

Périllat à Beauregard. Cavagnoud à l’Étale. Grospiron à l’Aiguille. Vittoz aux Confins. Et désormais Thovex à Balme. Une sorte de hall of fame grandeur nature. Pas besoin de trophées sous verre : ici, les hommages se descendent.

La dernière arrivée est évidemment celle de Candide Thovex. Créée en 2025 dans le secteur de Balme, sa piste est noire, non damée mais sécurisée. Sept balises matérialisent le tracé. Un choix plutôt logique quand on connaît l’histoire du bonhomme : c’est précisément à Balme que Candide a passé une bonne partie de sa jeunesse et qu’il a construit son ski.

Et ce n’est que le début. La Clusaz souhaite installer progressivement de nouvelles balises explicatives pour raconter ces noms qui figurent sur le plan. Une manière assez sympa de transformer une descente en voyage dans l’histoire du ski.

une nouvelle génération pousse déjà derrière la porte

LE PETIT JEU DU PLAN DES PISTES

Beauregard → Guy Périllat Le pionnier.

L’Étale → Régine Cavagnoud La championne du monde de Super-G en 2001.

L’Aiguille → Edgar Grospiron Le boss des bosses.

Les Confins → Vincent Vittoz Le fondeur devenu premier champion du monde français de ski de fond en 2005.

Balme → Candide Thovex Le freeski version liberté totale.

Et demain ? D’autres noms pourraient bien rejoindre cette liste… À La Clusaz, difficile de ne pas connaître les noms qui ont écrit l’histoire du village. Léo Anguenot, membre du Club des Sports et de l’équipe de France de ski alpin, appartient désormais à la génération qui pourrait bien écrire le prochain chapitre. Rencontre.

Tu as grandi avec les noms de Périllat, Grospiron, Cavagnoud, Vittoz, Thovex… Est-ce que ça met une pression particulière ?

Non, au contraire, je trouve ça motivant. Venir d’une station comme La Clusaz, qui a vu naître autant de champions, montre que le Club des Sports fonctionne bien. Plus jeune, ça me faisait rêver de grandir ici, aux côtés de ceux qui ont marqué l’histoire du village. Aujourd’hui, c’est une vraie fierté de représenter La Clusaz après eux.

Qu’est-ce qui fait, selon toi, la particularité de La Clusaz ? Quel est ton spot préféré ?

Pour moi, c’est ce côté village-station qui vit toute l’année. On peut skier l’hiver, faire du VTT ou des balades l’été, et surtout, tout le monde se connaît. J’ai beaucoup grandi sur le massif de l’Étale, où se trouvait notre stade d’entraînement. J’y ai une attache particulière : la neige y est souvent très bonne et il y a plein de choses à faire.

 

Il y a une vraie culture de la performance ici, mais aussi une culture du ski plaisir. Comment tu décrirais cet état d’esprit ?

Je suis passionné de ski, au-delà de la compétition. Il y a évidemment une vraie culture de la performance, avec des résultats en ski alpin, fond ou freestyle. Mais aussi une culture du ski plaisir, notamment avec les freeriders et leurs vidéos. Moi aussi, j’aime skier avec mes amis, sans objectif de compétition. La Clusaz permet de toucher à beaucoup de disciplines : freeride, fond, snowpark, freestyle… Et je pense que cette diversité forme aussi les athlètes.

Cette diversité nourrit-elle les générations ?

Oui, clairement. La Clusaz permet de pratiquer plein de disciplines et a vu naître des champions dans chacune. Il y a une vraie émulation au sein du Club des Sports : on se côtoie, on échange et les résultats des uns motivent les autres. Je m’entends très bien avec les fondeurs, freeriders ou freestylers. Ce côté convivial aide aussi à progresser. Et si on peut donner envie aux jeunes de pratiquer et, pourquoi pas, de devenir à leur tour champions, c’est super.

La Clusaz permet de toucher à beaucoup de disciplines : freeride, fond, snowpark, freestyle… Et je pense que cette diversité forme aussi les athlètes

Une piste porte désormais le nom de Candide Thovex. Tu l’as déjà skiée ? Ça fait quoi de descendre sur une piste qui porte le nom d’une légende ?

Oui, je la skie régulièrement à Balme, surtout quand il y a de la poudreuse. J’aime beaucoup skier hors-piste, faire de grandes courbes, sauter quelques bosses… sans prétendre envoyer les figures de Candide ! Cette piste lui correspond vraiment bien puisqu’il a tourné beaucoup de ses images à Balme. C’est aussi une belle manière de rendre hommage à quelqu’un qui fait partie de l’histoire de La Clusaz.

Si demain une piste devait porter ton nom, tu choisirais laquelle ?

J’y ai déjà pensé avec des amis ! Il y aurait le mur du Bossonnet, juste en face de la maison familiale où j’ai grandi. Je le skiais beaucoup pour rentrer et, enfant, je m’amusais à y faire des slaloms. Bon, avec le changement climatique, il faudrait peut-être choisir plus haut ! Il y a aussi la Botton, à Balme. Avec ma sœur, on y avait tous les deux gagné quand elle faisait encore du ski. Elle est toujours bien enneigée… Alors pourquoi pas ? Si je deviens champion du monde, ça pourrait être sympa !

Vous l’aurez compris, une station peut aligner les kilomètres de pistes, les remontées rapides et les beaux panoramas. La Clusaz a autre chose : une mémoire qui se skie. Ici, les champions passent, les noms restent. Et pendant que leur histoire s’écrit sur les murs, les plaques et les palmarès, les gamins du Club continuent de prendre le télésiège. Peut-être qu’à côté d’eux, aujourd’hui, se trouve déjà la prochaine légende.

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