Depuis sa création en 1986, la Barkley Marathons n'a été bouclée que vingt fois. Sa légende ne tient pas à ceux qui la finissent, mais à cette écrasante majorité qui échoue : un choix délibéré de son créateur, Gary Cantrell - alias Lazarus Lake -, qui a bâti une course pensée pour vaincre l'élite mondiale de l'ultra-trail. Cinq boucles d'environ 40 km, plus de 4 000 mètres de dénivelé positif et négatif à chaque tour, aucun balisage, aucune carte GPS, un parcours révélé quelques heures avant le départ : tout, dans la Barkley, semble conçu pour décourager plutôt que pour accueillir. C'est précisément ce refus d'être une course « normale » qui a fait de l'enfer de Frozen Head un mythe contemporain du sport outdoor.
Sébastien Raichon fait partie de cette poignée d’irréductibles Sisyphe, qui reviennent année après année, espérant qu’un jour leur rocher reste au sommet. Ce dernier s’aligne en 2024, 2025, puis 2026, où il signe la meilleure performance de l'année en bouclant trois tours sous une pluie apocalyptique. Alors pourquoi y retourner ? Portrait d’un homme qui fait la lumière sur l'obstination presque mythologique des coureurs de la Barkley.
Défier le mythe se mérite
Avant d'entrer dans le vif du sujet, un détour s'impose : la Barkley reste, pour beaucoup, davantage une rumeur qu'une course qu'on peut réellement décrire. Sébastien s’y colle.
Pour ceux qui ne connaissent pas cette course : c'est quoi, concrètement, la Barkley ? Le format, le parcours, l'inscription, les règles un peu absurdes qui en font sa réputation ?
Sébastien : C'est une course complètement à part, dès le processus d'inscription. Il n'y a pas de site internet : tout se transmet par le bouche-à-oreille, auprès d'anciens participants. Il n'y a que 40 dossards chaque année, et pour en obtenir un, il faut envoyer une lettre de motivation à Lazarus Lake, l'organisateur, à une date précise, qu'il faut parvenir à connaître soi-même. Ensuite, on attend. Si on a la chance d'être pris, on reçoit une lettre de condoléances : « J'ai le malheur de vous annoncer que vous êtes sélectionné à la Barkley Marathons. » Si on a encore un peu de lucidité, on peut se retirer et laisser sa place à un autre, nous précise Laz [rire].
On apprend ensuite la date de l'épreuve deux semaines avant, mais tout doit rester secret - seuls les coureurs et l'organisation savent quand la course va démarrer. Le jour J, on ne connaît même pas l'heure de départ, cela peut être entre midi et minuit : il souffle dans une conque - un gros coquillage - et à partir de là, nous avons une heure pour nous préparer. Puis vient le vrai départ : pas de coup de pistolet, pas de décompte, pas de musique épique, juste Laz qui allume sa cigarette.
Si on a la chance d'être pris, on reçoit une lettre de condoléances : "J'ai le malheur de vous annoncer que vous êtes sélectionné à la Barkley Marathons"
Et sur le terrain, concrètement ça donne quoi ?
Sur le terrain, il faut réaliser cinq boucles d'environ 40 km, plus de 4 000 mètres de dénivelé positif et négatif à chaque tour, en moins de 60 heures. Tout est quasiment hors sentier au milieu de la forêt de Frozen Head dans le Tennessee. Une forêt piégeuse, pleine de ronces, d'arbres au sol, de feuilles mortes, de pentes à 40-50 degrés et plus. Et surtout, rien n’est balisé : c'est une course d'orientation. Sauf que les balises sont des livres cachés sous des rochers ou dans des arbres. A chaque tour, on nous donne un nouveau numéro de dossard, qui correspond à une page du livre, que nous devons arracher. À la fin du tour, il faut montrer ses pages à Laz pour attester de son passage à chaque point.
Laz a complexifié l’épreuve au fil des éditions : à chaque fois qu’il y a des finishers, il invente de nouvelles règles pour rendre la gagne plus exigeante. Or, il y a eu beaucoup de gagnants en 2023 et 2024 alors en 2025, la difficulté est montée d’un cran. L'idée, c'est qu'il y ait 1 % de finishers dans l'histoire de sa course. Aujourd'hui, en 40 ans, il n'y en a eu qu'une vingtaine soit 1,2% des participants... jusqu’ici la situation est sous contrôle [rire]. Il existe tout de même une forme de reconnaissance intermédiaire : réussir trois tours en moins de 40h, comme moi cette année, donne droit au titre de « fun run ».
De ce que tu nous décris, la Barkley a tout d'un calvaire. Alors qu’est-ce qui motive les participants ?
Malgré cette difficulté, la Barkley Marathons est une aventure profondément humaine. Seul, on ne va pas très loin dans cette course : il faut s'appuyer sur les autres coureurs et rester en groupe tant qu’on le peut. Quand on a fait la Barkley, on fait un peu partie d’une famille. C’est aussi cela qui pousse les coureurs à revenir. Cela et puis tout ce qui forge le mythe. Il n'y a pas d'arche de départ et de village coureur, juste une barrière forestière, et des tentes de camping installées par les participants. Si vous échouez, vous avez le droit au chant des morts à la trompettes. Si vous réussissez, Laz vous offre un coup de sonnette. Rien d’autre. Le lendemain, tout le monde plie sa tente et rentre chez lui, pas de podium, pas de médaille, ni de panier garni. Juste une satisfaction personnelle – enfin j’imagine [sourire]. Parallèlement, l'inscription coûte quelques dollars symboliques. On est complètement à l'opposé de l'économie qui s'est développée autour des grands trails médiatisés. Ici on est là pour se dépasser. Point final.
Comment on se prépare à une course où l’échec est quasiment certain ?
Sébastien : Mentalement, il faut déjà connaître la course et son histoire. Cela permet de relativiser son « lamentable échec », comme on dit là-bas [rire]. Ensuite, la préparation est multifactorielle : on ne peut pas se présenter sur une Barkley sans un très bon niveau en course d'orientation. Moi qui viens du raid aventure, j'ai travaillé cette compétence pendant vingt ans. Et malgré ça, la première année, j'ai fait plein de petites erreurs qui m'ont empêché d'être finisher.
Il faut aussi s'entraîner spécifiquement sur ce type de pentes très raides et techniques, parce que marcher et courir en descente là-dessus demande de vraies aptitudes et beaucoup de vigilance. Mathieu Blanchard - participant en 2026 – disait « il faut être un sanglier pour faire cette course » [rire].
Et puis il faut un mental d'acier, parce qu'on peut avoir toutes les conditions météo possibles, et cette incertitude permanente sur le parcours est difficile à gérer. En 2026 par exemple, un orage a commencé à nous tomber dessus au milieu de la course, le terrain est devenu extrêmement boueux et il faisait très froid. Cela a compromis toutes les chances de réussite.
Qu'est-ce qui était vraiment impensable, que tu n'avais pas imaginé avant d'arriver là-bas ?
Sébastien : La plupart des choses sont difficilement pensables à vrai dire [rire]. Il y a plein de particularités dans cette forêt. Je n'ai jamais de crampes en trail, et là-bas, au bout du deuxième ou troisième tour, on est nombreux à en être perclus. L'eau n'est presque pas minéralisée à Frozen Head, et les pentes sont tellement raides que le corps se crispe très vite.
Il y a aussi les écarts de température : on peut avoir froid la nuit et 25-30 degrés en pleine journée. Et puis les ronces, qui te lacèrent les jambes petit à petit. Elles sont très basses - et vicieuses -, différentes de celles que nous connaissons en France. Mais nous n'avons pas le choix, il faut passer dedans. Et il n’y a pas de terrain peut pour s'y préparer.
Ce qui est difficile à travailler aussi, c'est la mémorisation visuelle des cachettes de livres. En France, il existe une bonne course de préparation pour ça : la Chartreuse Terminorum, la version française de la Barkley - même si elle se déroule davantage sur sentier. L'esprit est exactement le même, et c'est un très bon aperçu de la course américaine.
La lente quête de Frozen Head
2024, 2025, 2026 : Sébastien a arpenté trois fois la forêt de la Barkley. Cela l’a mené à trois histoires différentes. La dernière - la plus aboutie - s'est jouée sous une pluie battante, à deux tours du Graal.
Qu'est-ce qui a changé dans ta manière de courir la Barkley entre ta première tentative et 2026 ?
Sébastien : La première fois, je venais un peu sur mes acquis en me reposant sur mon passé en CO. C’était sans savoir que la Barkley n’est pas une course d’orientation. Avant l’épreuve en 2026 - ma troisième édition - j'avais déjà fait huit tours dans cette forêt en participant les deux années précédentes. Je me suis dit que je devais connaitre les lieux par cœur et tout avoir dans la tête. J'ai beaucoup travaillé la carte et la « liaison carte-terrain » à la maison, en visualisant mes déplacements en fonction des parcours des années précédentes. Résultat : je n'ai sorti ma carte qu'une seule fois pendant toute la course. Ça a été un vrai gain de temps pour cette édition.
Mais il a fallu composer avec autre chose : la date de la Barkley a été avancée de cinq semaines cette année-là, et je sortais d'une course en Angleterre à peine quatre semaines avant. Je me suis retrouvé à enchaîner deux courses dans un timing improbable - heureusement, les deux se sont très bien passées. Mais je pense que si j'y retourne, il me faudra passer par une préparation spécifique de trois ou quatre mois, avec beaucoup de musculation et de dénivelé du même type car la course s’est véritablement durcie sur le plan physique. Chaque édition apprend quelque chose, et on cherche à être un peu meilleur à chaque fois. C'est d'ailleurs l'idée de Lazarus : il te reprend quand il estime que tu peux faire mieux.
L'idée c'est qu'il y ait 1% de finishers dans l'histoire de sa course
2026, c'est ta meilleure performance sur la Barkley et pourtant il te reste 2 tours pour espérer entendre la sonnette de la victoire. Comment l’as-tu vécu ?
Sébastien : En réalité, ce n'est pas ma meilleure performance en termes de distance : la première année, en 2024, j'avais fait quatre tours, et il ne m'avait manqué que quatre pages pour être finisher. En revanche, le parcours était plus accessible à l'époque. En 2025, Laz avait durci l'épreuve, ça a été l'apocalypse : je n'ai fait que deux tours, incapable de terminer le troisième. Il n'y a eu qu'un seul finisher cette année-là, John Kelly, triple vainqueur et mythe lui-même de cette course.
En 2026, j'ai fini par être le dernier survivant, le seul à réaliser une « fun run » cette année-là, ça a été un peu comme une victoire. J'ai réussi à boucler ces trois tours alors que les chemins boueux devenaient quasiment impraticables. Relativement, c'est donc une meilleure performance que celle que j'avais réalisé deux ans plus tôt même si je suis allé moins loin. Cela m’a permis de quitter le Tennessee très heureux, d'autant plus que j'avais gagné la course en Angleterre juste avant. 2026 fut le théâtre d’un hiver assez incroyable. J’ai toujours en tête l’idée de retourner à la Barkley même si, à vrai dire, le temps presse un peu. J'ai 54 ans, et physiquement j’imagine que mon plein potentiel est plus derrière moi que devant [rire].
Il y a eu un moment précis où tu as su que ce ne serait pas pour cette fois ?
Sébastien : Quand je pars sur le troisième tour, je suis avec Mathieu Blanchard et Damian Hall, un grand coureur anglais. Il fait encore beau, on est dans un timing qui nous permet de finir ce tour sans problème et d'enchaîner sur un quatrième. Et puis il se met à pleuvoir. Physiquement, je suis moins fort que ces deux monstres de l’ultra-trail. Mathieu me demande ce que j'en pense, si le finish est encore possible à cette heure-là. Je lui réponds que non - on peut sans doute faire quatre tours, mais pas cinq. Il décide de partir seul, Damian le suit à distance, et je me retrouve seul.
C'est là que le mauvais temps tombe vraiment, et que l’apocalypse arrive. Damian se perd. Mathieu prend froid, n'est pas assez couvert, et décide de s'arrêter. En observant les pages non arrachées sur les livres, je comprends que je suis devenu le dernier survivant. Sous la pluie battante, dans la boue, je me dis qu'il faut y aller, que ce serait un bel exploit que de boucler cette fun run et que je serai peut-être le seul. J'ai changé d'objectif : dans ces conditions, faire trois tours serait déjà exceptionnel. C’est ainsi que j'ai gardé la motivation.
Qu'est-ce que la Barkley te fait, physiquement et mentalement, que d'autres ultras très durs ne te font pas ?
Sébastien : Il y a une incertitude permanente et aucun kilomètre gratuit. Sur les longs ultra-trails, il y a toujours des passages plus roulants, où on avance vite en se reposant un peu. Sur la Barkley, ça n’arrive pas : les montées sont très dures physiquement, les descentes très dures techniquement, et en plus il faut garder sa concentration pour trouver les livres. Zéro moment de repos. C’est ça qui rend la course américaine si singulière.
Il n’y a eu qu’une vingtaine de finishers en 40 ans. Y’en a-t-il un.e qui t'a particulièrement marqué ?
Sébastien : Evidemment. « Une » en l’occurrence. La dernière en date : Jasmine Paris, en 2024 - l'année de ma première participation. Elle touche la barrière 99 secondes avant les 60 heures. C'est le plus beau moment de sport que j'ai vécu en direct.
Il y a une dernière ligne droite finale de 150 mètres en montée sur laquelle on ne la voyait pas venir. Tout le monde pensait qu'elle n'y arriverait pas : elle était passée trop tard à un point du parcours. Et tout à coup, on l'a vue déboulée comme un automate. Désarticulée. A ce moment-là, elle n’était plus dans son corps. Son esprit volait au-dessus, la guidant jusqu’à l’arrivée. Et puis elle a touché la barrière devant une centaine de personnes en 59 heures 58 minutes et 21 secondes.
J'étais assis sur une chaise à côté de la barrière, tel un zombie après 60 heures de course, et elle s'est écroulée à mes pieds. Je m'en souviendrai toute ma vie. Lazarus avait dit - avec son humour sarcastique habituel - qu'une femme ne finirait jamais cette course. Cette année-là, on était un nombre record à partir sur le cinquième tour - six ou sept coureurs. Et elle a montré à tout le monde, et à lui en premier, qu'une femme pouvait finir la Barkley.
L’appel du rocher
Trois échecs, et pourtant Sébastien Raichon repart. C'est là, sans doute, que se niche la légende : pas dans la course elle-même, mais dans l'obstination de ceux qui continuent d’y croire. Mais le rocher de Sisyphe restera-t-il un jour au sommet ?
Avec le recul, si l'objectif avait été atteint en 2024, penses-tu que l'envie d'y retourner aurait persisté ?
Sébastien : C'est une bonne question, je n'en sais rien. Peut-être pas. Le fait d'échouer de peu, puis d'échouer encore, ça me donne justement envie d'y retourner pour progresser et réussir. L’objectif est toujours là. Mais il y a aussi l’envie de continuer à participer à cette fête, ce grand jeu pour adultes un peu fou. C’est bien différent de la seule quête de la victoire. Je pense notamment à Aurélien Sanchez, le seul Français à avoir fini cette course, en 2023. C’est un très bon exemple de ce que vous fait la Barkley. Malgré sa victoire, il y est retourné en 2024, 2025, 2026 - et il a échoué à chaque fois depuis. Je crois que quand cette course correspond à vos valeurs - simplicité, engagement, aventure - elle vous donne envie d'y revenir. C'est un instant magique, presque hors du temps.
Le myhte de cette course tient autant de ses règles farfelues que de son créateur
Dirais-tu que l'organisation veille sur les coureurs, ou qu'elle les expose, d’une certaine manière, au danger ?
Sébastien : Laz ne met pas les coureurs en danger, il les responsabilise. On n'a aucun moyen de communication, pas le droit d'avoir de téléphone. S'il nous arrive quelque chose dans la forêt, nous devons attendre que les secours soient déclenchés, et ils le sont des heures après quand notre absence commence à devenir anormale. Alors oui, on pourrait se dire qu'il prend des risques et met ses coureurs en danger. Sauf qu'en 40 ans, il n'y a jamais eu de blessé grave sur la Barkley. Parce que sachant tout ça, nous, les coureurs, sommes extrêmement prudents. Cette année par exemple, Mathieu Blanchard était au bord de l'hypothermie : il n'a pas insisté. Il savait ce qu’il encourait. Tomber tout seul au milieu de la forêt pouvait être grave, alors il a fait demi-tour.
C'est ce qui explique qu'il n'y ait jamais eu d'accident sur ce terrain si compliqué : Laz responsabilise ses participants. Et en même temps, il a énormément d'empathie pour eux. Il nous aime vraiment, il prend soin de nous, discute entre les tours, il est très accessible. Quand on ne le connaît pas et qu’on entend parler de cette course un peu folle, on imagine que c’est un gourou, presque un sadique. Mais en réalité, c’est tout le contraire. Laz est quelqu’un de très disponible, plein d'humour et toujours là pour ses coureurs. A vrai dire, pendant la course, on ne sait même pas s'il dort lui non plus [rire]. Avec la Barkley, il a crée une petite famille, et il en prend soin. Sa promesse c’est en quelque sorte « Je vous fais vivre une expérience extrêmement difficile, mais c’est pour votre bien ».
Je crois que le mythe de cette course tient autant de ses règles farfelues que de son créateur. Il est lui-même une légende avec sa barbe, ses lunettes, sa chemise de bûcheron à carreaux. Il en impose. Et pourtant il ironise sur tout et ne se prend jamais véritablement au sérieux. Tout cela reste un jeu.
Le mythe de la Barkley est-il indissociable de Lazarus Lake, ou peut-il lui survivre ?
Sébastien : Quand on pense à la Barkley, on pense à Lazarus Lake, et inversement - les deux sont assimilés depuis 40 ans. Mais sa santé se dégrade, et il a passé la main petit à petit à Karl Meltzer, qui est aujourd'hui un personnage très important de la course lui aussi. L’organisation a maintenant deux piliers solides. Et je crois qu’il n’y a plus de doute : l'esprit de la course va survivre à Laz.
Je comprends, à l'issue de notre entretien, que ton envie de courir la Barkley reste intacte. Vas-tu candidater en 2027 ? Et si tout se passe comme tu l'imagines, quel serait le scénario idéal ?
Sébastien : Oui, je vais candidater. Il faut qu'il estime que je peux faire mieux, pour qu'il me laisse revenir. Mais j'ai quand même bien mouillé le maillot la dernière fois, donc j'espère mériter une nouvelle chance [rire].
Mon scénario idéal, ce serait une belle collaboration avec d'autres coureurs : réussir à boucler quatre tours avec un ou deux copains, puis me lancer sur le cinquième alors qu'il fait encore beau. Il faudrait que toutes les planètes soient alignées - que je sois dans la forme de ma vie, que la météo soit clémente, ni trop chaude, ni trop froide, ni pluvieuse. Et qu'au cinquième tour, au mental, j'arrive à finir à dix secondes du cut. Ça, c'est le scénario rêvé. Ce serait magique.
Sébastien Raichon consacre également tout un chapitre de son livre à la Barkley. De quoi prolonger, pour les curieux, cette plongée dans l'un des vrais mystères de l'ultra-trail : Sébastien Raichon, sur les chemins de l'aventure - Quand le mental devient la boussole de l'ultra-trail, coécrit avec Renaud Fluconis (Solar, 2026).
Texte de Rose Rousset