Publié le 30 octobre 2026
Grand Massif Domaines Skiables - Impulsion
Crédit photo : ©DR
Destination

Grand Massif Domaines Skiables - Impulsion

Réinventer la montagne avant qu'elle ne disparaisse sous nos skis.
SPORTS D'HIVER
|
Environnement

Pendant longtemps, l’équation semblait presque immuable : des remontées mécaniques, de la neige, des skieurs. Toujours plus haut, toujours plus vite, toujours plus loin. Mais lorsque la neige cesse d’être une évidence, c’est tout le modèle qui doit apprendre à bouger.

Dans le Grand Massif, le programme Résilience dessine une trajectoire pour les dix prochaines années. L’objectif n’est pas de tourner le dos au ski, au contraire,  encore moins de choisir entre hiver et été. Il s’agit plutôt de faire évoluer l’existant, de concentrer les investissements là où le ski est pertinent, d’imaginer de nouvelles façons de vivre en montagne, sans multiplier les infrastructures. 

Derrière cette stratégie, il y a une réalité climatique. Mais aussi une réalité économique et sociale : derrière chaque remontée, il y a des emplois, des entreprises, des habitants et toute une économie qui dépend encore largement de la saison d’hiver.

La question n’est donc plus seulement de savoir comment skier demain. Mais comment continuer à faire vivre la montagne. 

Un cap pour 2035

Résilience se présente comme une feuille de route à dix ans, nourrie par des études scientifiques, des analyses et un travail de projection économique. Mais derrière le vocabulaire stratégique, l’idée est finalement assez simple : préparer plusieurs futurs possibles plutôt que miser sur un seul scénario.

D’un côté, continuer à garantir la pratique du ski là où elle reste pertinente et durable. Adapter les infrastructures, investir, concentrer les moyens. De l’autre, développer de nouvelles expériences et de nouveaux usages : marche, VTT, trail, contemplation, découverte, panorama…

Et surtout, sans repartir de zéro. Transformer l’existant, faire évoluer les équipements, réorganiser les usages.
 

Les 5 piliers de résilience

LES 5 PILIERS DE RÉSILIENCE 

1 — MAINTENIR LES EMPLOIS : Parce qu’un domaine skiable ne se résume pas à ses pistes. Derrière les remontées mécaniques, il y a des femmes et des hommes, des entreprises et toute une économie locale.

2 — GARANTIR LA PRATIQUE DU SKI : Adapter, investir et concentrer les efforts là où l’avenir du ski reste crédible.

3 — INVENTER AUTRE CHOSE QUE DU SKI : Sans opposer les pratiques : marche, VTT, trail, contemplation, découverte ou nouvelles expériences alpines.

4 — NE PAS CONSOMMER DAVANTAGE D’ESPACE : Faire évoluer l’existant plutôt que multiplier les infrastructures.

5 — RESTER EN LIEN AVEC CEUX QUI VIVENT LA MONTAGNE : Parce qu’une stratégie pour les années à venir ne peut pas être pensée indépendamment de celles et ceux qui vivent, travaillent et pratiquent ici.

CET HIVER, LA RÉSILIENCE PREND DE L’ALTITUDE
 

Cet hiver, la résilience prend de l'altitude

Et si le sommet devenait la destination ?

Pour comprendre Résilience, il suffit parfois de prendre une remontée. Entre Samoëns et Les Carroz, un nouvel aménagement à 2 100 mètres donne une première traduction concrète à cette nouvelle approche. L'idée est simple : permettre aussi aux piétons d'accéder au sommet et faire de la montée une expérience à part entière. Vue sur le Mont-Blanc, terrasse, espace d’observation, accueil, restauration… Le panorama devient la destination.

La remontée mécanique change de fonction. Elle ne sert plus à transporter un skieur jusqu’au départ d’une piste, elle est une porte d’entrée vers la montagne, accessible à d’autres publics : familles, randonneurs, contemplatifs ou simples curieux venus chercher de la hauteur. Même le geste photographique est intégré à l’expérience, avec un spot pensé pour immortaliser le panorama. C’est une manière simple de comprendre la logique de Résilience. On ne vend plus seulement un transport, on propose une autre expérience.

Les nouveaux pionniers de la montagne

Longtemps, les héros de la montagne étaient ceux qui partaient à la conquête des sommets : alpinistes, skieurs, aventuriers. Aujourd’hui, d’autres voix racontent la montagne autrement. Des scientifiques, des forestiers, des ingénieurs, des guides en artistes ou sportifs en proposent aujourd'hui d'autres lectures. 

Highliner, artiste et sportif, Nathan Paulin appartient à cette génération qui envisage la montagne comme un espace à vivre et à partager. Rencontre. 

La montagne change. Est-ce que ton regard sur elle a changé ?

Je la regarde toujours avec le même regard. C’est mon lieu de vie, j’habite au Reposoir et toutes mes activités gravitent autour d’elle. J’ai 32 ans et j’ai vu les hivers rétrécir, surtout ces dernières années. Ça me rend triste, notamment parce que j’ai aujourd’hui deux petits garçons qui font du ski et que j’aimerais leur transmettre cette passion. Je regarde donc la montagne avec un peu d’inquiétude, mais toujours autant de passion. Elle changera, on la pratiquera autrement, mais elle sera toujours là.

Le ski reste au cœur de l’économie de montagne. Quelles autres façons de vivre les sommets faut-il inventer ?

Le ski mêle un environnement et une sensation de glisse assez unique. Mais il existe plein d’autres façons de pratiquer la montagne : le trail, le VTT, la randonnée, highline... À mon échelle, elle ne pèsera jamais dans l’économie de la montagne, mais elle permet de la découvrir autrement. Avec le réchauffement climatique, la montagne peut aussi devenir un refuge de fraîcheur l’été. Mais il faudra alors apprendre à mieux la protéger, car elle est aussi très vulnérable à cette saison.

Transformer l’existant plutôt que construire toujours davantage : cette idée te parle ?

Oui. Je crois qu’il faut arrêter de vouloir exploiter au maximum nos paysages. Il faut faire avec ce qu’on a et le faire intelligemment. C’est ce qui me plaît dans le programme Résilience du Grand Massif : anticiper la baisse de l’enneigement, mieux utiliser ce qui existe déjà et rendre certains espaces à la nature. Pour moi, cette sobriété me parait essentielle.

Ta pratique s’éloigne aujourd’hui de la performance pure. Est-ce aussi une autre manière de raconter la montagne ?

La performance m’a toujours intéressé, mais elle m’anime moins aujourd’hui. Quand je pratique la highline, je n’ai pas l’impression d’être spectateur d’un lieu : j’en fais partie. Ma pratique va aussi de plus en plus vers l’artistique. Elle est très mentale et devient davantage un chemin intérieur. Aujourd’hui, je suis plus dans la contemplation que dans la performance pure. 

Qu’est-ce qu’être pionnier aujourd’hui ?

C’est vivre les choses autrement, chercher de nouvelles façons de se dépasser. Mais pour moi, ça n’a jamais été prendre des risques. Dans mes spectacles, je ne veux pas mettre le danger au centre. Je veux que les gens ressentent quelque chose de beau, de poétique et de précis. C’est aussi montrer d’autres manières de faire, dans de beaux endroits, en essayant de les respecter au maximum.

Dans dix ans, qu’aimerais-tu que la montagne ait conservé ? Et qu’elle ait appris à changer ?

J’aimerais qu’elle reste un espace de liberté, où chacun puisse encore aller s’exprimer. Mais ce n’est pas la montagne qui doit changer, c’est nous. Il faut apprendre à mieux gérer les lieux très fréquentés, comme le Lac Blanc à Chamonix, qui sont parfois surexploités l’été. Ce n’est bon ni pour les visiteurs, ni pour la faune et la flore. Et j’aimerais quand même qu’elle nous ait gardé un peu de neige. Il y a peu de choses aussi belles que ça. 

 

Pour avancer, il faut parfois accepter de changer d'équilibre

Changer sans renoncer

Résilience ne promet pas une montagne sans hiver, ni une montagne débarrassée du ski. Le projet part d'une idée plus pragmatique : le changement est déjà là, autant l’anticiper. Et peut-être, derrière tout cela, une nouvelle définition de la performance.


Non plus aller toujours plus loin, mais apprendre à durer !

Vous voulez des cookies ?

Ce site utilise des cookies pour garantir la meilleure expérience de navigation.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des remontées de contenus de plateformes sociales

Paramétrage de mes cookies

Au-delà des cookies de fonctionnement qui permettent de garantir les fonctionnalités importantes du site, vous pouvez activer ou désactiver la catégorie de cookies suivante. Ces réglages ne seront valables que sur le navigateur que vous utilisez actuellement.
1. Statistiques
Ces cookies permettent d'établir des statistiques de fréquentation de notre site. Les désactiver nous empêche de suivre et d'améliorer la qualité de nos services.
2. Personnalisation
Ces cookies permettent d'analyser votre navigation sur le site pour personnaliser nos offres et services sur notre site ou via des messages que nous vous envoyons.