Publié le 15 juin 2021
Envolée lyrique
Crédit photo : Oliver Godbold

Envolée lyrique

Une étreinte avec la terre, un flirt avec le ciel, un hymne à la montagne

Portrait

Skieur, speedrideur, parapentiste, kitesurfeur, basejumpeur mais aussi pilote d’ULM et d’autogire, à 29 ans, Valentin Delluc joue de ses différentes passions pour composer d’enivrantes symphonies  entre ciel et terre. De ses premières gammes à ski à sa dernière vidéo orchestrale « From Avoriaz with love », retour sur le parcours de ce prodige passionné.

Crédit photo : Oliver Godbold

Né aux confins du Vercors, à Bourg-de-Péage dans la Drôme, c’est en Haute-Savoie, sur les reliefs du massif du Chablais que Valentin Delluc découvre les joies de la neige et l’infinité des possibles dans ce monde en trois dimensions. Il chausse les skis pour la première fois à deux ans et demi à Avoriaz où son père travaille comme pisteur et sa mère y est secrétaire de l’école de ski. Bercé dès son plus jeune âge par la douce mélodie des skis sur la neige, Valentin s’investit très vite dans cette passion familiale, entre le ski club de Lans-en-Vercors et les pistes d’Avoriaz pendant les vacances scolaires. Après un passage obligé et formateur par l’alpin, le « solfège » des skieurs , il découvre et adhère au ski freestyle ! Une pratique entre glisse et figures aériennes, mais aussi tout un univers et une nouvelle vision du ski, esquissée notamment par un certain Candide Thovex…

« Mon frère était en ski études à Chamonix et il commençait à envoyer quelques figures avec ses amis, il me montrait les vidéos de Candide, notamment « Rastafaride », c’était vraiment l’avant-garde du ski à l’époque, je regardais ça avec mes yeux d’enfants. Je voulais faire pareil !  »

La montagne devient alors synonyme de liberté et un terrain de jeu sans frontière pour Valentin. Avant même d’avoir le droit de conduire une voiture, il a déjà bien d’autres moyens de se déplacer et de s’évader ! Il touche à tout : alpin, freestyle, freeride mais aussi parapente et ULM, dans les traces et sillages de son père et son frère... Mais le speed riding n’est pas encore à l’ordre du jour : « mon frère en faisait déjà, il m’encourageait à m’y mettre aussi, je le regardais faire, je regardais ses vidéos, et je me disais que c’était un grand malade, ça avait l’air beaucoup trop dangereux. Je pensais ne jamais pouvoir faire ça ! »

Crédit photo : Oliver Godbold

Il se lancera à la conquête de ce monde de tous les possibles quelques années plus tard en hommage à son grand frère décédé dans un accident d’ULM, en 2010. Valentin veut alors découvrir et vivre les sensations que pouvait ressentir son frère en speed riding : «  J’ai voulu essayer pour éprouver les sensations qu’il ressentait… Je me suis acheté une voile et dès le premier vol, j’ai tout de suite compris ! » C’est le début d’une nouvelle aventure, d’une nouvelle passion… La majorité en poche, il s’installe pour de bon aux Portes du Soleil, à Montriond, pour continuer d’explorer ce domaine et faire ses gammes à ski et en volant.

c’était vraiment l’avant-garde du ski à l’époque, je regardais ça avec mes yeux d’enfants. Je voulais faire pareil ! 

Crédit photo : Oliver Godbold

« Je me suis mis à fond dans le speed riding, sans but précis, c’était juste un plaisir de m’entraîner et de progresser. »

Et Valentin progresse vite, très vite ! Il s’aligne sur les premiers championnats de France en 2012 avant de les remporter en 2015 et 2016. Il commence aussi à cette époque à faire ses premières vidéos « à la Go Pro 1 », des runs filmés sans prétention mais qui vont  rapidement attirer les premiers sponsors. Si les années de compétition ont été fastes, l’image et la vidéo lui offrent à présent une page blanche pour s’exprimer et laisser libre cours à son imagination.

« Je pense qu’il faut passer par la compétition pour arriver à faire de l’image. C’est un bon moyen de se comparer aux autres d’une part et cela permet aussi de pouvoir s’appuyer sur des résultats au près des partenaires pour faciliter le développement de projets vidéo par la suite. À présent, j’ai cette chance de pouvoir explorer mon activité dans toutes ses dimensions avec la vidéo. »

L’année 2016 marque un tournant dans le parcours de Valentin Delluc, champion de France en titre,  il intègre le team Red Bull qui lui ouvre de nouvelles portes. «  Rentrer chez Red Bull m’a permis de concrétiser mes idées et de réaliser mes rêves dans les conditions optimales. J’ai découvert le monde de la production ! C’était une toute autre dimension que mes petites vidéos et mes montages maison…  »

Je pense qu’il faut passer par la compétition pour arriver à faire de l’image

À travers ses vidéos, Valentin nous embarque dans son univers effréné et onirique. Un monde entre deux mondes, un espace sans frontière, sans haut, ni bas. Des séracs du Mont-Blanc aux tunnels d’Avoriaz, de la neige à l’eau, de la roche à la terre, de la cime des arbres aux toits des immeubles, des courbes folles de la nature à la géométrie des architectures alpines, la montagne et ses merveilles sont à l’origine de ses compositions. Les lignes se dessinent entre les éléments et se mettent en scène à travers l’objectif. Une œuvre chorale entre l’espace, la performance sportive et l’image…

« Il y a l’action et la prise de vue. La manière de filmer encadre et sublime la performance. Le cadre donne la sensation. C’est vraiment un travail d’équipe. »

Crédit photo : Oliver Godbold

Sa dernière vidéo « From Avoriaz with love », sortie à la fin de l’hiver dernier, est une belle démonstration de ce travail d’orchestre ! Une synchronisation parfaite entre Valentin, ses skis, son aile et l’équipe de production de Blue Max Média. Ça faisait longtemps qu’il rêvait de rider les câbles d’Avoriaz et de survoler ses immeubles enneigés...

La fermeture des remontées mécaniques cet hiver lui a donné l’occasion de réaliser ce projet et cette mise en scène titanesque sur  neuf jours de tournage, accompagné de huit cameramen mais aussi d’une équipe de shapers pour la conception des différents modules. Un joyeux collectif pour un petit chef d’oeuvre de deux minutes entre sensations et évasion, ponctué d’une minute de making off, tout aussi savoureux !

La manière de filmer encadre et sublime la performance. C’est vraiment un travail d’équipe

Et la suite ? Valentin Delluc est rentré dans cette catégorie de sportifs dont on attend la prochaine vidéo... Et ça tombe bien, Valentin n’est jamais en manque d’imagination, ni d’envies dans ce domaine ! Après avoir confronté le speed riding à l’architecture d’Avoriaz ou encore aux eaux du Lac de Serre-Ponçon, Valentin veut revenir à l’essence de cette pratique où « la voile est là pour améliorer le ski » et retrouver la haute-montagne. Objectif : le Liskamm, un sommet culminant à 4 533mètres à l’est du Cervin sur la frontière italo-suisse entre le Valais et le Val d’Aoste. La ligne est toute tracée entre pente raide, freeride et vol au dessus des barres rocheuses et séracs, il ne reste qu’à attendre les bonnes conditions. À suivre…

De Mathilde Boulesteix

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