Publié le 20 octobre 2026
Barry, le chien du Saint-Bernard qui a donné son nom au Barryvox
Crédit photo : ©Musée d'Histoire Naturelle de Bern | Nelly Rodriguez
Matos

Barry, le chien du Saint-Bernard qui a donné son nom au Barryvox

Aux origines, un chien de garde qui sauvait, sans jugement ni fatigue. Aujourd'hui son nom reste omniprésent à travers le Barryvox.
SPORTS D'HIVER, MATOS
|
Produit

Barry le chien, légende de la recherche en avalanche

Dans le blanc et le silence de la montagne, sous la neige qui a tout recouvert, il y a toujours eu une réponse à l'ensevelissement. Quand l'accident ne peut être évité, l'espoir d'être retrouvé et secouru relève d'un instinct de survie aussi vieux que l'exploration elle-même. Nous vivons une époque où les techniques de recherche n'ont jamais été aussi avancées. Pourtant, bien avant elles, un chien du nom de Barry devenait déjà une légende en volant au secours des ensevelis.
 

Crédit photo : ©Musée d'Histoire Naturelle de Bern | Nelly Rodriguez

Le plus célèbre des Saint-Bernard

Barry naît en 1800, à 2500 mètres d'altitude, au col du Grand-Saint-Bernard, en Suisse. Là-haut, depuis plus de mille ans, l'hospice accueille les voyageurs égarés dans la tourmente, secondé par des chanoines qui risquent chaque jour leur vie pour les retrouver. À leurs côtés, des chiens de garde et de protection, dont Barry, le plus infatigable, celui qui cherche sans jamais se lasser. On raconte qu'il aurait sauvé plus de quarante vies.

Un chien sûrement exceptionnel, doté d'un flair hors du commun. À sa mort, en 1814, Barry est naturalisé pour que son souvenir traverse l'histoire du secourisme et de l'hospice. Au fil du temps, les récits se multiplient, et avec eux, les légendes. 

Un chien sûrement exceptionnel, doté d'un flair hors du commun

Crédit photo : ©Médiathèque Valais - Martigny

Légendes et histoires fascinantes

La plus connue reste celle du tonnelet de cognac, qu'on associe encore aux chiens Saint-Bernard : en réalité, presque aucun d'entre eux n'en portait autour du cou. Une autre raconte que Barry aurait porté sur son dos un enfant transi de froid, une image touchante mais physiquement impossible pour un chien, même robuste. 

il sauva la vie de quarante personnes, il fut tué par la quarante et unième

La plus tenace reste celle de sa mort héroïque : « il sauva la vie de quarante personnes, il fut tué par la quarante et unième ». Autant d'histoires qui en disent long sur notre besoin de mythifier ceux qui nous sauvent, et qui, une fois dépouillées de leurs enjolivures, laissent place à quelque chose de plus simple, et peut-être de plus grand encore : un chien qui, inlassablement, cherchait.
 

Crédit photo : ©Musée d'Histoire Naturelle de Bern

Du flair à la technologie

Barry et les chiens de l'hospice étaient des sauveteurs engagés, mais pas, à proprement parler, des chiens d'avalanche. Au fil des hivers et des avancées technologiques, l'instinct du chien a pris place aux côtés de l'appareil, sans jamais le remplacer. La mission, elle, n'a pas changé : réduire au maximum le temps entre l'ensevelissement et la découverte, premier facteur de survie en avalanche.

Des années de développement

C'est en 1968 que naît la première technologie du genre : lors d'un séjour de ski dans l'Utah, l'Américain John Lawton met au point le Skadi, avec des chercheurs spécialisés en avalanche. Le prototype est testé la même année au centre de recherche de Davos, ce qui attire l'attention de l'armée suisse. Celle-ci commande alors son propre appareil, dont le développement dure environ deux ans : ce sera le Barryvox VS-68, testé sur le terrain dès l'hiver 1972-1973 avant d'être proposé aux civils en 1974.

En hommage à Barry, Karl Peter, alors responsable marketing chez Autophon AG, choisit ce nom pour perpétuer la légende de son héroïsme. Une évidence : Barryvox, associé au mot latin vox, la voix. La voix de Barry venait de naître.

Au fil des saisons, le Barryvox se perfectionne et progresse avec les technologies. Dans les années 2000, l'appareil adopte le traitement numérique du signal. En 2006, le Pulse Barryvox, développé par Ascom (l'ex-Autophon AG), devient le premier modèle à combiner trois antennes et un traitement numérique capable d'isoler les signaux, pour mieux gérer les victimes multiples.
 

Crédit photo : ©Mammut

En 2008, Mammut rachète la marque à Ascom, qui pilotait déjà son marketing depuis les années 1990. Sa fabrication, elle, n'a jamais quitté la Suisse. Le Barryvox Element, lancé en 2011, apporte une version plus abordable que le Pulse, pour rendre cette méthode de recherche accessible au plus grand nombre.

Le développement du Barryvox S débute en 2014 et voit le jour à l'hiver 2017-2018. Il marque une avancée majeure avec davantage de capteurs, une interface plus lisible et des transmetteurs capables de détecter jusqu'à 60 mètres. Dans un domaine où chaque bande de fréquence et chaque contrainte de compatibilité comptent, le Barryvox S devient gage de solidité, de fiabilité et de simplicité d'usage.

Felix Meier, ingénieur électricien et alpiniste qui a participé à quatre décennies de développement, résume : « Grâce à cet appareil, nous sommes arrivés à la limite des lois physiques. Le Barryvox S sera une référence absolue pendant de nombreuses années. »

En 2024, le Barryvox S2 pousse la détection à 70 mètres et simplifie encore la recherche. Devenu l'un des DVA les plus puissants du marché, il fait gagner un temps précieux grâce à un écran plus clair, des signaux sonores associés, et surtout un guidage intelligent pour affiner la recherche jusqu'aux derniers mètres.

Grâce à cet appareil, nous sommes arrivés à la limite des lois physiques. Le Barryvox S sera une référence absolue pendant de nombreuses années

Crédit photo : ©Mammut

Aux plus près des sauveteurs

Aujourd'hui, le Barryvox est une référence, et la recherche pour le rendre meilleur encore ne s'arrête jamais. Il ne remplace pas pour autant le chien de sauvetage : le flair du chien et la technologie agissent ensemble, un héritage de sauvetage dont Barry reste, en quelque sorte, l'égérie.

Mais aucune avancée technique ne dispense de prudence : bien lire les bulletins d'avalanche, se former et pratiquer restent indispensables. Felix Meier ne dit pas autre chose : « Le meilleur DVA, aussi performant soit-il, ne sert à rien si l'on ne sait pas s'en servir dans toute situation imaginable, ou inimaginable. Mon conseil : suivre un cours, et continuer à s'entraîner, sans relâche, chaque année. »

Crédit photo : ©PGHM-Chamonix & ©Haute-Maurienne-Vanoise

Barry a changé de forme, jamais de vocation. Dans la montagne, quelque chose continue de veiller. 

 

 

Vous voulez des cookies ?

Ce site utilise des cookies pour garantir la meilleure expérience de navigation.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des remontées de contenus de plateformes sociales

Paramétrage de mes cookies

Au-delà des cookies de fonctionnement qui permettent de garantir les fonctionnalités importantes du site, vous pouvez activer ou désactiver la catégorie de cookies suivante. Ces réglages ne seront valables que sur le navigateur que vous utilisez actuellement.
1. Statistiques
Ces cookies permettent d'établir des statistiques de fréquentation de notre site. Les désactiver nous empêche de suivre et d'améliorer la qualité de nos services.
2. Personnalisation
Ces cookies permettent d'analyser votre navigation sur le site pour personnaliser nos offres et services sur notre site ou via des messages que nous vous envoyons.